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DE CAPDENAC À ARVANT • POLMINHAC > VIC-SUR-CÈRE

DE CAPDENAC À ARVANT • DESCRIPTION

LE TRANSPORTEUR AÉRIEN DE POLMINHAC AU CHANTIER DU BARRAGE DE SARRANS (1929-1934)

“ Une installation réalisée par la société Monzies (1927-1937), spécialisée en transporteurs aériens, pour la société des Forces Motrices de la Truyère était destinée à réunir le chantier de construction du barrage et de l'usine de Sarrans (Aveyron) à la voie ferrée, près de la gare de Polminhac (Cantal), pour le transport des matériaux.

Malgré la courte durée de son exploitation, sa construction a été reconnue nécessaire pour améliorer le prix de revient des transports à effectuer; d'autre part, la ligne franchit sur son parcours deux plateaux élevés à plus de 1 000 m d'altitude sur lesquels les transports par route en mauvaise saison auraient été difficiles. Ce transporteur assure donc au chantier, en plus d'une économie sur le prix du transport, une sécurité d'exploitation qu'aucun autre moyen de transport n'aurait pu assurer. ”

CARACTÉRISTIQUES
Longueur de la ligne - Tronçon principal 18 800 m
Longueur de la ligne - Tronçon auxiliaire 1 360 m
Différence de niveau 50 m
Débit horaire 25 t
Matière transportée Ciment, bois, fer
Charge utile des wagonnets 350 kg
Vitesse des wagonnets 2,75 m/s
Force motrice consommée 120 CV
Nombre de stations 5
Nombre de pylônes intermédiaires et déviations 120
 

SARRANS ET BROMMAT

“ Sur la Truyère, le barrage-poids de Sarrans (Aveyron), d'une hauteur de 113 mètres et d'une longueur en couronnement de 226 mètres, emmagasinait 296 millions de m³ d'eau qui avaient submergé la partie basse du hameau de Laussac. L'usine de pied de barrage entra en fonctionnement au mois d'août 1934. Elle était équipée de trois groupes verticaux avec turbine Francis de 34 000 kW unitaires (102 000 kW, 120 kVA). Un groupe supplémentaire d'une puissance de 63 000 kW a été mis en service en 1981, augmentant ainsi considérablement la puissance installée.

À son aval, le barrage-déversoir de La Cadène (deux vannes automatiques et une non-automatique), dont le modeste réservoir de 600 000 m³ captait l'eau utilisée par Sarrans, alimentait par un canal d'amenée souterrain de 5,7 kilomètres une autre retenue de 200 000 m³ établie sur La Bromme (barrage voûte de 36 mètres de hauteur), un affluent de rive droite de la Truyère ainsi mis en valeur.

De là partait un canal souterrain prolongé par deux conduites forcées de 230 mètres installées dans des puits verticaux qui dévalaient sous une chute de près de 260 mètres vers l'usine de Brommat, vaste centrale souterraine installée à 300 mètres de profondeur au lieu dit "Le Brézou" (32 mètres de hauteur, 22 de largeur et 80 de longueur). Mise en service en octobre 1932, elle était équipée sur tois étages (un pour les turbines, un autre pour les alternateurs et un dernier pour les excitatrices) de six groupes verticaux dont l'équipement avait été confié aux mêmes constructeurs qu'à Sarrans : turbines Francis de 42 000 CV construites par Voith et NBPP couplées à des alternateurs type AEG livrés par la SACM (167 000 kW et 195 000 kVA). Le canal de fuite d'un peu plus de d'un kilomètre, était également creusé dans le rocher. En 1972, Brommat II a permis de remplacer les machines d'origine par un seul groupe de 240 000 kW.

Le poste de commande et de tranformation (15/220 kV) du Brézou a été installé au-dessus de l'usine souterraine. L'électricité produite à Sarrans et Brommat, du triphasé 15 kV, était dirigé sur le poste proche de Rueyres qui alimentait prioritairement la capitale (poste de Chevilly) via Éguzon en 220 kV. La grande artère Massif central - Paris était réalisée.

Avec Brommat et Sarrans, une logique nationale de l'équipement hydroélectrique était spectaculairement affirmée. Pour marquer l'importance de la réalisation, Margaine, sous-secrétaire d'État au ministère des Travaux publics inaugura la mise en service de la ligne le 21 novembre 1932 au poste de Chevilly-Larue et le président de la République, Albert Lebrun, s'en vint le 12 juin 1933 dans le Massif central faire de même pour les installations hydroélectriques."

En 1946, lors de la création d'Électricité de France, Sarrans et Brommat étaient les centrales les plus importantes du grand Sud-Ouest. ”

RÉFÉRENCES